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NOVEMBRE 2010 : LES ENFANTS TALIBES - LES ENFANTS PARRAINES ... Une triste réalité !

Les actions de l’ASBL de novembre 2010

jeudi 25 novembre 2010, par Marie-Pierre Decocq - Néné Camara

LA TRISTE REALITE ...

Ce sont ces dizaines de milliers d’enfants sénégalais qui sont victimes de graves maltraitances. Ces enfants talibés fréquentent les daaras et sont soumis à des conditions qui s’apparentent à de l’esclavage. Ils sont victimes de graves abus. La grande majorité des enfants talibés ont moins de 12 ans et nombreux n’ont pas plus de 4 ans alors qu’un enfant n’est en mesure de comprendre distinctement les différents concepts théologiques qu’à partir de 7 ans. L’apprentissage du coran n’est donc pas assuré comme il se doit puisqu’ils sont forcés à mendier dans les rues des grandes villes pendant de longues heures, sept jours par semaine. Ces enfants sont souvent soumis à des formes extrêmes de maltraitance, de négligence et d’exploitation. Nombreux "faux" marabouts dans les daaras urbains exigent que les enfants leur remettent quotidiennement 500 fCFA ou 600 fCFA ou même 1000 fCFA, et infligent de graves violences physiques et psychologiques aux enfants qui ne peuvent ramener la somme demandée. Début novembre, au cours du 53ème congrès de l’Union internationale des magistrats, devant un parterre de magistrats, Me Abdoulaye Wade s’est laissé aller sur la question des talibés, prenant son cas, il déclare : " Moi j’ai été talibé et je n’ai jamais été maltraité comme on le dit ; et cela ne m’a pas empêché d’être président de la République." Mais alors pourquoi le gouvernement sénégalais reste-t-il les bras croisés pendant que des dizaines de milliers d’enfants talibés sont soumis chaque jour à des violences physiques, une négligence totale et une mendicité forcée ?

Auparavant, les enfants étaient confiés à des maîtres religieux pour leur éducation religieuse et morale mais la maltraitance qui se généralise actuellement n’existait pas à l’époque ... Aujourd’hui, des enfants sont enchaînés, attachés et forcés de rester dans des positions pénibles pendant qu’ils sont battus.

Voici un témoignage parmi tant d’autres d’un enfant de 11 ans envoyé à l’âge de 7 ans dans la banlieue de Dakar :

Chaque jour je dois rapporter au marabout 600 CFA ( environ un euro ) , du riz et du sucre. Chaque fois que je ne peux pas, le marabout me frappe à coups de câble électrique. Il me frappe tant de fois sur le dos et le cou ; trop pour les compter.... Chaque fois que je suis battu, je pense à ma famille qui n’a jamais levé la main sur moi. Je me rappelle du temps où j’étais à la maison au village.... Début novembre 2010, avec l’équipe des éducateurs AED, nous avons fait des descentes de rue la nuit dans les bidonvilles de St Louis > Nous avons retrouvé des enfants contraints au travail forcé et notamment des enfants dans les bennes à ordures ne voulant plus retourner dans leur daara de peur d’être battus. Un daara est un bâtiment abandonné, infâme ( punaises - asticots - teignes...) dont la construction est inachevée ; il offre peu de protection contre la pluie, la chaleur et le froid. Il est courant que les enfants dorment à 30, 50, 150 ... dans une petite pièce. Les maladies se répandent rapidement. Les enfants tombent souvent malades (maladies de peau, gale, parasites intestinaux ) et ceux-ci ne sont pas soignés. Les sommes d’argent, le riz, le sucre ramenés par les enfants talibés ne sont pas utilisés pour les nourrir, vêtir, soigner et subvenir à leurs besoins. La plupart des talibés ne possèdent pas une seule paire de chaussures et nombreux souffrent de malnutrition sévère, de sévices corporels et sexuels. Épuisés par les abus continuels et les privations, plus de 1 000 enfants s’enfuient des daaras chaque année.

Ces personnes qualifiées de "maîtres" se servent de ces jeunes enfants comme source de revenus pour eux et leur famille. On observe donc une prolifération de "faux" marabouts peu scrupuleux qui s’intéressent peu à l’éducation des enfants qui leur sont confiés.

À l’exception de quelques daaras « modernes » sponsorisés par l’État - qui combinent les programmes des écoles publiques et coraniques - aucune des écoles coraniques du Sénégal n’est soumise à une réglementation gouvernementale.

Lorque nous nous retrouvons face à des situations inacceptables qu’aucune personne sensible ne peut admettre, cela nous pousse à nous battre comme nous le faisons avec Action Sénégal ( construction d’un centre d’accueil - sensibilisation avec les kamishibaïs dans la brousse contre l’envoi des enfants talibés dans les grandes villes ).

Le 3è projet est la réalisation d’un livre ( voir article : "JUILLET-AOUT 2010 : CHOQUEE PAR UN GRAND PANNEAU PUBLICITAIRE A LA SORTIE DE L’AEROPORT DE DAKAR ! Pour les enfants talibés du Sénégal ...une nouvelle idée pour lutter contre la maltraitance et la mendicité" ) qui sera distribué aux autorités politiques et religieuses en avril 2011 dans l’espoir qu’ils prennent conscience qu’il est impératif d’entreprendre des actions immédiates pour réglementer l’implantation des daaras et mener en justice les "maîtres" qui ne respectent pas les droits de l’enfant...

Dans ce projet de lutte contre la maltraitance et les faux marabouts, j’ai pu rencontrer un grand Imam à St Louis, le procureur de la République et le directeur de l’AEMO ( protection des droits des enfants ). Depuis quelques mois, un réseau institutionnel continue à se tisser : Tous sont ravis du projet du livre et les discussions ont été positives et constructives.

LES ACTIONS DE NOVEMBRE 2010

1. PARRAINAGES

Des sympathisants ou membres d’Action Sénégal parrainent des enfants de milieux très défavorisés ( et quand je note " très défavorisés ", il s’agit d’une misère qu’aucune personne ici ne peut imaginer...A en avoir les jambes et les bras coupés à chaque moment d’écoute... ) . Action Sénégal sert donc de trait d’union entre le parrain (ou la marraine) et l’enfant à qui il (ou elle) offre la scolarité pour une année.

Dès l’arrivée au Sénégal, que ce soit à Yeumbel, Guediawaye, St Louis, un rendez-vous a été pris avec les directeurs d’école, les membres de la famille des enfants et les enfants. Plusieurs mamans ont pris la parole pour remercier les parrains et marraines parce que sans eux , ils n’ont pas les moyens de mettre leurs enfants à l’école et sans ce parrainage, ces enfants seraient dans la rue. Lettres et/ou cadeaux ont été remis pour les parrains et marraines.

YEUMBEL > Ecole privée d’Etienne

Enfants parrainés =

- La petite Honorine, orpheline ( par Marion )
- Ambroise ( par Maty )
- Baba Gallé ( par Moussa )
- Nogoye ( Par Astrid )
- Le frère de Nogoye ( par le mari d’Astrid )
- Louis Mendy ( Par Marina )
- Caroline Mendy ( Par Pascale et Pauline )
- Sokhana Mame Diara Sarr ( par Nadette )
- Moussa Diouf ( Par Mélanie et Sarah ) GUEDIAWAYE > Ecole "Avenir" de Monsieur BISSANE

Enfants parrainés =

- Kadia Deme ( par Didier )
- Abdou Camara ( par Régine )

GUEDIAWAYE > Ecole de Madame Seck

- Borgo ou Pape Samba ( par Aude )
- Fatou Ly ( Par Pierre )

BANLIEUE DE DAKAR > Ecole privée El Hadji Amadou niane

- Fama Sow ( Par Carine et reynald )

DAKAR > Ecole des handicapés

- Aliou Bâ ( Par Alexandra ) Le papa est décédé, la maman lui a trouvé une école pour handicapés à Dakar. La situation familiale est très précaire. La maman doit porter son enfant sur le dos pour le conduire à l’école des handicapés, elle ne possède pas dechaise roulante.

St LOUIS

> Ecole du groupe Cafit de Monsieur Abdoulaï Dialo

- Youssou pour une dernière année de formation en informatique et technique ( par Michèle et Xavier )

Le directeur de Youssou est enchanté de ses résultats scolaires. Il a demandé à Youssou de créer le site de l’école.

> Ecole d’alphabétisation du professeur particulier Abdoulaï Dialo - cours privés

- Amadou et Djibi, les deux frères de youssou, anciens talibés seront remis dans le circuit scolaire l’année prochaine ( par Marie ). Djibi et Amadou auront le niveau CM1 à la fin de cette année de cours particuliers. A la fin de ces deux années, le professeur propose de les inscrire dans une section professionnelle.

- Pour ces trois anciens talibés :

Divers achats

*Pour l’amélioration de leur confort : achat d’un matelas, ventilateur, théière, verres, chaises, seau, draps. ( par Marie )

*Pour la vie quotidienne ( par Maty )

> Centre d’accueil d’Action Sénégal : Cours d’appui, de renforcement et cours d’alphabétisation donnés par les membres de l’équipe de l’AED.

- Ali Sy et Ada Sy ( par Marion ) : Ces enfants orphelins de mère sont des enfants des rues.


- Abib Seck ( par Néné )

> Parrainage de la famille des aveugles >>> de Sedina-Ndiatté - Ndiaw ( par Martine et Albert )

> Parrainage de la fille de Dembé ( par Amédée )

2. CENTRE D’ACCUEIL DE SOR PIKINE > CARRELAGE DU REZ DE CHAUSSEE DU CENTRE D ACCUEIL A SOR PIKINE DE ST LOUIS

* Fin des négociations, choix du carrelage et affaire conclue avec l’entrepreneur sur la route entre Dakar et St Louis à TIVAOUANE.

* Travaux réalisés la semaine du 8 novembre par l’entrepreneur désigné et une équipe de 6 ouvriers > 5 jours de travail ( carrelage des trois classes, la salle de couture, la salle de soins, le bureau, la cour , les douches et toilettes, l’escalier jusqu’au premier étage ) .

Nicole, membre Action Sénégal a supervisé les travaux.

3. AMENAGEMENT D’UNE CHAMBRE pour la formation professionnelle de deux jeunes de l’AED chez Makha Diop ( à Sandaga - Dakar )

Après la fête de la Tabaski, Makha Diop prendra deux jeunes (Amadou et Adama) dans son atelier de Sandaga pour les former à l’artisanat pendant 6 mois. Ceux - ci seront amenés à animer les ateliers d’artisanat avec les enfants talibés au centre d’accueil de Sor - Pikine. Pour éviter les trajets en taxi de Guediawaye à Sandaga, et les pertes d’argent, une chambre est aménagée à côté des ateliers.

4. CENTRE D’ACCUEIL DE SOR PIKINE : AIDE APPORTEE POUR LES GOÛTERS DES ENFANTS TALIBES

Une somme d’argent a été octroyée pour assurer le goûter des enfants talibés pendant 20 semaines. ( de novembre à fin mars ) Environ 400 enfants talibés viennent au goûter du vendredi.

5. CENTRE D’ACCUEIL DE SOR PIKINE : ACHAT DE MEDICAMENTS DE PREMIERS SOINS pour la salle de soins du centre d’accueil

6. CENTRE D’ACCUEIL DE SOR PIKINE : Aide apportée pour les cours d’appui, de renforcement et d’alphabétisation

Achat de matériel scolaire : livres CP-CE1-CE2- CM1-CM2 , cahiers 100 pages, cahiers 48 pages, règles, craies blanches, craies couleurs, ardoises, bics bleux, bics rouges, gomme, taille crayon , crayons etc ....

7. CENTRE D’ACCUEIL DE SOR PIKINE : Achat de matériel de désinfection des daaras

Désinfecter les daaras ralentit la transmission des maladies entre enfants talibés > Moins de dépense en achat de médicaments .

LE TRAVAIL AU CENTRE D ACCUEIL POUR LES ENFANTS TALIBES PENDANT LA SEMAINE ET A ST LOUIS/ SOR PIKINE

> Réunion avec toute l’équipe de l’AED pour le bon fonctionnement du centre et de l’équipe ( voir rapport de réunion )

> Réunion avec Maître Cissé et Nicole pour le contrat d’occupation de l’équipe de l’AED dans le bâtiment d’Action Sénégal , pour le projet livre sur les talibés, pour le projet de gestion des déchets.

> Signature du contrat d’occupation pour une durée de 6 mois - Rendez-vous à la police de Sor Pikine avec l’inpecteur Fall pour les signatures d’Action Sénégal et AED

> Goûter organisé le mardi 2 nov. pour les enfants talibés

> Visite des daaras

> descente de nuit dans les rues et à la gare routière pour retrouver les enfants talibés.

> préparation de l’arrivée du groupe de la Ste Union de Paschale et Brigitte. ( mars 2011 )

> Remise des couvertures de la maman de Marina et des tee-shirts de l’école de Celles

> Placement des panneaux publicitaires sur la façade du centre ( publicité sur les ateliers, cours donnés au centre d’accueil )

> Courses pour les familles parrainées

> récupération des factures

> Préparation d’un nouveau projet sur la gestion des déchets - Prise de photos. Avec Daniel et Nicole : réalisation d’une nouvelle histoire présentée dans un livre et un kamishibaï ( pour avril 2011 ) La sensibilisation au niveau de la gestion des déchets serait appliquée au niveau de la ville de St Louis dans un premier temps pour être transférée dans d’autres villes ou villages sénégalais ensuite. La sensibilisation se ferait dans les écoles et dans les différents quartiers de la ville. Des comités de quartier seront mis en place pour un travail efficace.

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8 AIDE APPORTEE AU DISPENSAIRE ET A L’ECOLE DE M’BORO

> Achat de matériel scolaire ( cahiers - craies - rapporteurs - compas etc ... ) et médicaments de premiers soins.

Le village n’a eu aucune aide de la communauté rurale et de l’état. Un enseignant du village qui donne cours à une trentaine d’enfants ne reçoit pas de rémunération parce que les effectifs ne sont pas supérieurs à 30 élèves.

C’est un particulier sénégalais du village qui a payé tous les cahiers pour tous les enfants de l’école en début octobre .

9. APPORT DE MATERIEL PROVENANT DE BELGIQUE POUR LE VILLAGE DE GEOUL

Béquilles - fer - médicaments de premiers soins.

10. AIDE APPORTEE A L’ECOLE PRIVEE DE YEUMBEL ( Ecole d’Etienne )

Achat de tables , meuble, matériel scolaire.

DEMANDES D’AIDE

- DE LA PART DE L’EQUIPE DU CENTRE D ACCUEIL AED

> Cimenter la terrasse avec pente pour l’évacuation des eaux . Travaux souhaités avant la saison des pluies en 2011 . Le sol n’est pas lisse et donc à la saison des pluies, l’eau stagne ce qui n’est pas l’idéal pour les plafonds de l’étage inférieur.

> Motos ou mobylettes ou des vélos pour rendre la tâche plus facile lors des visites dans les daaras. Il est vrai qu’à pieds , on perd beaucoup de temps.

REUNION TELEPHONIQUE avec Diaw de Thienel ( pas assez de temps pour se rendre dans le Sahel )

> Tout est OK pour les bananiers

> La clôture achetée en Mauritanie en juillet dernier est placée.

> Problème avec les arbres fruitiers... ils arrosent bien mais des arbres meurent... un rapport d’observations va être envoyé par Diaw, le directeur d’école dès qu’il peut avoir accès à un cyber à Dakar pour la fête de la tabaski.

> Les travaux des latrines du dispensaire ne sont pas encore terminés.

> Tout va bien pour le fonctionnement du dispensaire , fond de caisse et rachat de médicaments > OK pour l’autonomie.

Quelques photos de St Louis

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Quelques façades commerciales

NEWS : BIENTÔT UN NOUVEAU DEPART AU SENEGAL ! Jordan et Bastien partent mi décembre 2010 pour 4/5 semaines de travail bénévole pour Action Sénégal : > Travail au centre d’accueil avec les enfants talibés ( soins - daaras - goûters - bains - jeux - sport ) > remise en peinture après les travaux de carrelage > Supervision des actions à Thienel-Sakhobé.

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