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AVRIL 2012 : THIENEL ( SAHEL ) - GUET N’DAR - LE CENTRE DE SOR PIKINE - LES IMPRESSIONS ET LES SOUVENIRS... ( 2ème PARTIE )

Pour la 1ère partie VOIR >>> "AVRIL 2012 : Thienel-Sakhobé ( Sahel ) menacé par une crise alimentaire - Action exceptionnelle à Guet N’dar ( St Louis ) - Soutien au centre d’accueil des enfants faux talibés à Sor-Pikine "

mardi 1er mai 2012, par Marie-Pierre Decocq - Néné Camara

LES IMPRESSIONS DE COUMBA - RASTA - AWA - KADHESSA ET ABY

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TEMOIGNAGE DE COUMBA ( Marie-Pierre ) 3 projets « action Sénégal »,3 expériences, 3 émotions

Debout à 5 h, départ dans le noir, de la route et de la route émaillée par les premiers marchés , changement de véhicule, nous montons ainsi que tous nos bagages plus 2 poules et une chèvre sur deux charrettes à cheval puis bac et pirogue et nous voila enfin au bout de nulle part à Thienel où nous attendent ces villageois spontanés, accueillants si contents de revoir néné et ses copines . Nous avons 3 jours pour découvrir les actions et participer à notre niveau à celles-ci,nous pouvons voir la cohérence du projet qui permet à ces habitants de rester dans leur village , de garder leur identité et leur authenticité : éducation et ses classes construites par l’asbl Action Sénégal avec un directeur motivé et des élèves avides d’apprendre, santé avec un dispensaire où l’ordre n’est pas le maitre-mot mais où la matronne réagit à l’urgence avec efficacité, un puits qui permet d’avoir de l’eau pour les besoins essentiels et pour cultiver des mini potagers de fortune, agriculture avec des autopompes pour permettre de cultiver 42 hectares de terrains avec riz et maîs mais c’est là que la mauvaise nouvelle nous attend : plus de pluie, plus d’eau dans la rivière et donc plus de culture et des gens qui ont faim, Espérons comme eux que c’est un phénomène isolé comme dans les années 70 sinon une solution s’imposera pour que les habitants puissent rester chez eux... Nous devons déjà les quitter , nous séparer de tous ces enfants qui nous tiennent la main et vite mes lunettes de soleil pour ne pas montrer ses larmes qui pointent au coin de l’œil !!

Saint_louis et ses quartiers, ses maisons coloniales mais surtout son centre pour les enfants « faux talibes », nous faisons connaissance avec Cheik un éducateur plein de motivation pour s’occuper de ses enfants , leur proposer des activités et participer au goûter et au bain de ceux –ci . Ses enfants sont la près de nous, attendant leur goûter avec patience, certains ont le sourire mais tous ont ce regard qui exprime toute leur souffrance . Vite mes lunettes de soleil , ce moment est trop dur à vivre ...

Dakar, nous partons en excursion avec l’école d’Etienne . Les élèves sont, comme tous les élèves, contents de partir en excursion, nous avons la joie de les voir jouer dans la mer alors qu’ils ne savent pas nager, profiter de petits moments de détente et de danse et au cours de la journée une petite main me prend la mienne et ne me lâche plus, un regard plein de confiance et une demande près d’Etienne qui me traduit : Lea aimerait que je la parraine comme d’autres enfants sont déjà parrainés : impossible de résister et pourtant il faut quitter ce petit visage : ouf mes lunettes de soleil sont toujours là - !!

Heureusement ces moments d’émotion ont été suivis de moments plus gais et légers

Merci à action Sénégal, Néné et tous les autres pour leur participation active

Merci à Anne et Viviane qui ont fait un travail difficile au dispensaire de Guet N’dar.

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TEMOIGNAGE DE ABY ( Viviane ) Ma première mission au Sénégal restera à jamais gravée dans mon coeur ! Cette mission m’a permise de me rendre compte d’une réalité que beaucoup sont loin d’imaginer ... Le Sénégal est un pays tellement attachant, tellement spontané’, tellement cocasse où règne toujours la bonne humeur malgré leur précarité à tous les niveaux... Ils vivent joyeusement avec leur coeur d’enfant dans une situation de survie !.... Leur rire est contagieux, comment font ils ? J’ai pu me rendre compte de leur précarité dans tous les domaines ...Faute d’argent et d’éducation...cela fait un tout... Etant infirmière , ma mission consistait à apporter de l’aide et faire évoluer un dispensaire de grande précarité (à Guet’n Dar : quartier des pêcheurs)sur la langue de Barbarie . Leur apporter du matériel ( jamais assez !!!), leur apprendre à s’organiser , à se structurer et leur apprendre à soigner . Nous avons amené du matériel , beaucoup de matériel, mais toujours trop peu... Nos sacs (210 kgs au total ) étaient remplis de compresses tampons , bandages , médicaments , matériel de soins , vêtements...etc...après notre passage , il n’y avait plus RIEN !!!! Nos dernières compresses , nous devions les couper en 8 pour terminer nos soins , et je ne parle pas du reste !!! J’ai vu des plaies horriblement infectées, des abcès, beaucoup trop de plaies mal soignées par manque de moyen et de personnel qualifié ... Dans ce dispensaire, les sutures sont réalisées par n’importe qui (ex : femme de ménage ) à l’aide d’aiguilles à coudre et du fil de pêche !!!! Bonjour les abcès , les nécroses , les ostéites et la suite ...Pas étonnant que leur espérance de vie dépasse à peine les 50 ans !!! Là bas , on meurt pour des banalités par rapport à chez nous !!! La liste serait trop longue pour énumérer tout ce que j’ai vu !!! MAIS LE PIRE et que je vivrai toujours comme un cauchemar, c’est la vision des enfants faux talibés dans leur sommeil ... Je me suis rendue dans les daaras LA NUIT , étant donné qu’il s’agit du grand projet d’Action Sénégal et j’ai découvert la réalité des enfants faux talibés (NENE m’en avait parlé , j’avais lu son livre et regardé des reportages ). Là, J’ai vu l’enfer sur terre de centaines , de milliers d’enfants...(dès l’âge de 4 ans ) Cette vision m’a exactement fait penser aux juifs dans les camps nazis empilés les uns sur les autres , SAUF que là , c’était des enfants VIVANTS, pleurant , gémissant , toussant (tous malades ou blessés ... J’ai dû contenir mes pleurs , mon oppression et mes suffocations

Je comprends pourquoi Néné se démène pour "casser ce phénomène " malconnu de la plupart de tous !!!!

Comment ne pourrais je pas y retourner en voyant toute cette misère ?

Tout le monde a quelque chose à faire pour eux ( de près ou de loin !!! )

CONTINUEZ à soutenir ACTION SENEGAL , c’est tellement important pour EUX !!!

Pour terminer , je tiens à remercier toute l’équipe d’Action Sénégal et surtout Néné (alias Marie Pierre Decocq) pour m’avoir propulsée là- bas !!! J’y retourne prochainement accompagnée d’une amie infirmière afin de continuer ce que j’ai commencé ... Je remercie aussi Anne / Kadhessa qui a été mon inséparable pendant 15 jours (pourtant nous ne nous connaissions pas !!!)

Je remercie Arona (président du dispensaire) et père de ma famille d’accueil , Nicole , et toutes les autres personnes exceptionnelles que j’ai connues sur place .

Une partie de mon coeur est restée là bas ...

Viviane (ABY VIVI),infirmière 50 ans .

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TEMOIGNAGE DE ANNE/MERE RASTA

Chère Néné Camara ,

C’est encore sous l’émotion de tout ce vécu au Sénégal que j’écris ces quelques lignes . Cela fait des années que tu nous fais partager ton expérience au Sénégal et tous les projets entamés par action sénégal . J’étais donc bien au courant des projets mais je voulais voir et partager en direct .

Et voilà, le voyage s’est organisé. Nous étions 7 filles , dont pour moi , deux cousines germaines " Néné et Penda" , ma soeur " Coumba", une amie " Awa" et deux autres copines " Aby et Kadessa".

J’ai bien essayé d’imaginer ce voyage avant de partir mais je n’ai pu imaginer tout ce partage avec la population . Ce voyage a été marqué par des contacts sincères et chaleureux . Les dialogues avec les amis de Néné : les instituteurs , les médecins , les infirmiers , les éducateurs , les chefs de village et j’en passe ...

Nous sommes arrivées durant une période importante pour les Sénégalais : les élections . Nous espérons que le pays va se redresser et ensuite avancer pour le bien de toute la population .

Le voyage a démarré en grande pompe : Action Sénégal a apporté du matériel médical et médicaments au dispensaire de Guet NDar. à Saint louis et oui tout le Sénégal a vu Néné Camara à la télévision 2sTV. L’accueil était au rendez-vous : réception avec les discours des personnalités , un animateur , de la musique , et la télé . Nous pouvons aussi parler de Nicole , l’amie de toujours et de son accueil.

Et la grande aventure commence , départ à Thienel  : voiture avec notre chauffeur Racine ( notre protecteur ), achat d’une chèvre , de deux poules, de nouilles etc .... nous passons les rivières, bac , pirogue , et ensuite charrette avec l’âne .

L’accueil de tous les villageois est indescriptible ; ils sont tous là et avec les musiciens ; Bref, ils nous attendent avec joie et . bonheur . Ils nous installent , nous avons tout le village autour de nous , et les discours commencent. Moment fort de cet accueil : Mère Rasta ( moi, la plus âgée du groupe ) ) endosse un Tee-shirt avec la photo de la mère Rasta du village ( la plus âgée du village). C’est l’hilarité totale, ils sont tous écroulés parterre de rire et durant de longues minutes et nous aussi . Nous sommes tous plongés dans cette ambiance joyeuse et amicale .

Thienel a été un moment très fort du voyage , nous étions constamment avec les familles et les enfants , la symbiose a été très forte . ils sont tous si attachants ; C’est la pauvreté qui règne là-bas et pourtant le sourire et la dignité ne les quittent pas .

Mais le grand choc a été de découvrir le fleuve à sec. c’est la catastrophe . La terre est craquelée , la pompe à eau n’est plus immergée . Plus d’eau pour les cultures à part le forage qui donne encore un peu d’eau pour l’usage quotidien et un petit potager . Comment agir ?

Après 4 jours , nous retournons à Saint louis et là c’est la rencontre avec les enfants faux Talibés au centre d’Action Sénégal . Tout a été déjà dit sur ces enfants , c’est honteux ! Je n’ai pu retenir mes larmes lors de la distribution du morceau de pain au chocolat et la tasse de lait aux enfants . Ils sont affamés . Ils sont sages et patientent pour avoir ce bout de pain ; Que c’était dur ! J’en pleure encore , cette image ne s’effacera jamais de ma mémoire . Mettons nos espoirs dans ce nouveau gouvernement pour une prise de conscience et que cela change avec l’exploitation de ces enfants . Ensuite départ pour MBoro. Découverte du dispensaire et l’école . Le dernier jour àMBoro a été aussi un très bon moment de partage ; Tous les responsables sont venus avec fatayes et bissap pour faire leur discours. Nous sommes toutes impressionnées par leurs talents d’orateur, ils argumentent très bien.

Le dernier jour > Départ à Gorée : là aussi, le partage a été fort avec le directeur de l’école de Yeumbel ( banlieue de Dakar ) : Etienne et tous les enfants . Une excursion leur a été offerte par action Sénégal à Gorée . Pour certains, c’était la 1ere fois qu’il voyait l’ïle de Gorée . Que de joie à les voir profiter du bain de mer, de les voir danser au son des percussions...Que de bonheur durant cette splendide journée ;

Ce soir-là, nous avons aussi pu fêter Néné camara ( son anniversaire ) avec son amie Anne Lange, une diplomate belge et une écrivain américaine installée à Gorée pour un an.

Nous sommes reparties avec toutes , nos souvenirs , de la joie plein le coeur , les sourires des enfants , l’amitié partagée et des interpellations et l’espoir d’un changement .

J’ai vécu une expérience unique .

Merci Néné camara et vous toutes et au peuple sénégalais

Anne ( Mère Rasta)

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TEMOIGNAGE DE ANNE/KADHESSA

A l’arrivée à Saint-Louis, moi qui pensais que nous allions faire une arrivée discrète, et bien, c’était raté….Devant le dispensaire de Guet N dar, tout le personnel en tenue d’apparât nous attendait de pied ferme : officiels en boubous, micro en main, femmes enturbannées, musique avec sono à plein volume, caméras de la télé, danses sur le trottoir,…..chaque employé du dispensaire, du plus haut responsable au plus humble, tous étaient présents bien que nous étions un samedi soir. Quelle chaleur et quel enthousiasme dans tous leurs et mots et leurs discours…Je dois avouer que c’était assez impressionnant ! Tout cela pour nous remercier pour l’aide que nous apportions au dispensaire. Je me sentais petite, petite.…. et je me demandais comment j’allais pouvoir apporter ma pièce dans tout ce puzzle. Car passés les flon-flons,la réalité est toute autre. Notre beau matériel paraît soudain dérisoire et si fièrement , les premiers jours nous utilisons nos belles compresses toutes propres au bout de quelques jours il faut les couper en deux, au bout d’une semaine il faut les couper en quatre et après deux semaines il faut les couper en huit…

Envolée la rigidité de nos beaux principes, il faut s’adapter…Mais là où on ne pourra jamais s’adapter et accepter, c’est devant la souffrance des enfants.. Surtout celle des enfants talibés…. Spectacle quasi insoutenable quand ils sont tous en haillons à quarante dans une pièce en train de manger le pain au choco qui leur est offert une fois par semaine.Les plus petits le dégustent lentement comme pour faire durer un peu plus cet instant, les doigts crispés le regard baissé.Pas un mot, pas une plainte de leur part. Et nous, devant eux envahies par une gêne qui va jusqu’aux larmes, peut-être vaut-il mieux sortir pour se cacher…Essayer de se cacher à soi-même que cela existe…

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TEMOIGNAGE DE AWA ( Pascale )

Membre active au sein d’Action Sénégal depuis des années, j’avais depuis longtemps le désir de m’y rendre avec Marie-Pierre (Néné) . Les histoires de Néné et celles de ma fille Pauline m’avaient préparées à vivre cette rencontre.

Trois cousines de Marie-Pierre (Minouche, Martine et Marie-Pierre) partageaient le même désir que moi. Au fil de nos actions en Belgique, nous rencontrons deux femmes (Anne, médecinet Viviane, infirmière) qui ont demandé à se joindre à notre groupe. Les objectifs de notre voyage se limitent à vérifier le bon déroulement des projets soutenus par l’association et à soigner la population défavorisée du quartierGuet’n Dar (Saint-Louis) et de Thienel (village situé au nord du Sénégal). Le 30 mars, nous arrivons à Dakar pour un voyage de 17 jours et sommes directement prises en charge par les amis sénégalais de Néné. Nous faisons la connaissance de notre chauffeur « Racine »,un être d’une extrême sensibilité, d’une gentillesse sans pareille. Toujours prêt à nous rendre service, devançant nos désirs, il a contribué largement à la réussite de ce périple. Après 7h de route vers le Nord, Saint-Louis est notre première découverte : celle d’une population sans moyens mais qui a appris à vivre de la débrouille. Dès notre arrivée, les vendeurs nous abordent, habitués à rencontrer les amis de la « sénégalaise » (Néné). Nous nous laissons séduire par les enfants qui nous suivent et nous sourient.

Comme nous sommes venues vérifier le matériel offert par l’association au dispensaire de Guet’n Dar, nous nous rendons au centre le lendemain pour une fête à l’africaine. La patience est de mise et l’amusement garanti : ils arrivent tous endimanchés (nous avons l’air un peu ordinaire dans nos tenues),ils commencent par déplacer les objets offerts et les installent tous sur le trottoir. Les chaises prévues pour le public, ramenées par les enfants du quartier ne sont pas placées au bon endroit. Nous assistons alors à un balai incessant de chaisesredéplacéespar les enfants. Après 3heures d’attente, la fête commence. Nous avons droit aux discours traditionnels, aux applaudissements pour « Action Sénégal » et à une interview pour la télé. Le reportage a été retransmis toute la semaine et à chacun de nos passages, les gens n’ont pas manqué de nous dire « Je t’ai vu à la télé » ! Anne et Viviane et Martine restent au dispensaire pendant une semaine pour soigner la population du quartier.

Puis vient le long voyage vers Thienel (village non loin de la Mauritanie). Racine achète deux poules et une chèvre sur un marché le long de la route et les attache sur le toit de la voiture. En pirogue puis en charrette….jusqu’au village, toujours avec nos « compagnes » qui n’hésitent pas à se faire entendre en bêlant, ou en urinant. Au loin, on devine un attroupement. A notre arrivée, tous les villageois sont là, dans leurs plus beaux apparats. Les tambours rythment les danses, Néné n’hésite pas une seconde, on dirait qu’elle a toujours su danser comme les Sénégalais.

Nous nous asseyons sous la case à palabres, tous les regards sont portés sur ces 4 femmes blanches. On nous présente, on nous remercie pour tout ce qu’Action Sénégal apporte au village.Nous sentons que le moment est solennel, nous en avons les larmes aux yeux, surtout quand une petite fille du village nous récite son discours dans un français impeccable. Puis arrive le grand moment : mémé Rasta (Minouche) exhibe son beau t-shirt à l’effigie de la vraie mémé Rasta, la plus vieille femme du village et c’est le fou rire général pendant 10 minutes.

Nous voilà toutes invitées à danser, nous nous exécutons.

Une vague de chaleur humaine nous envahit, nous savons que nous allons vivre d’intenses moments de bonheur à l’état pur. Pas de faux semblant, juste des échanges chaleureux, des enfants aimants, des adultes simples. Plus tard dans la journée, nous visitons le village et rencontrons les personnalités dont le chef du village et toute sa famille.

Un problème se pose d’emblée : le fleuve…il n’y a plus d’eau, ce n’était plus arrivé depuis les années 70. Pour Néné, c’est le choc, elle n’en croit pas ses yeux. Pour nous, c’est la réalité : pas d’eau, pas de cultures, pas de nourriture. Comment font-ils pour nous donner ce riz et ces oignons ? Ils puisent dans leur réserve sans se plaindre. Dès notre retour en Belgique, nous prendrons des mesures pour aider le village. Parmi tous les souvenirs liés à Thienel, il en est un qui m’a émerveillée. Alors que les enfants étaient en vacances, le professeur du villageDiawles rassemble et leur donne un cours de français dans une des classes construites grâce aux dons d’Action Sénégal.Les enfants participent avec beaucoup d’enthousiasme. Leur écriture est parfaite, ils ont tous la soif d’apprendre. Nous restons bouche-bée devant leur avidité. Le moment le plus cocasse sera la mise en peinture de l’infirmerie : leur technique est légèrement différente de la nôtre. Le principe est de peindre mais aussi d’être peint. Tels les schtroumfs, ils ressortiront tous bleus du local.

Après 4 jours, nous devons malheureusement partir. Une chose est certaine : Thienel laisse des traces dans les cœurs, personne ne peut résister à tant d’amour et de simplicité.

De retour à Saint-Louis, nous allons rendre visite au centre d’Action Sénégal construit pour accueillir les enfants faux-talibés. Un talibé est un élève envoyé dans une école coranique tenue par un maître. Certains individus sans scrupule se servent de ces élèves et les font mendier dans les rues des villes. S’ils ne ramènent pas le minimum fixé par le « faux » maître, ils subissent des représailles (violence physique et /ou psychologique). Le choc sera rude pour certaines d’entre nous.

Nous avons du mal à croire que tant de misère existe encore. Les enfants arrivent en loque pour recevoir un bain. Certains portent des traces de coups, d’autres n’ont même pas 8 ans, ils sont tous poussiéreux et portent souvent des habits beaucoup trop grands. Leur petite gamelle en main, ils ne se plaignent pas mais leurs yeux sont remplis de tristesse.

Nous leur préparons un gouter fait d’un morceau de baguette et de choco accompagné d’un bol de lait. La distribution se fait dans le silence. Cheik, l’éducateur, se fait respecter. Chacun aura sa part. Nous écoutons le bruit des bouches qui savourent, les larmes nous montent aux yeux, l’émotion est trop forte. La visite des Daaras (lieux où les faux talibés dorment) nous bouleverse. Ce sont des espèces de cabanes construites avec des morceaux de bois. La précarité des lieux et le manque d’hygiène nous laissent sans voix.

La découverte d’un enfant malade et laissé à l’abandon nous touchera encore plus. Nous l’emmenons avec nous, Oumar, un des responsables du centre qui est médecin, le soignera. Malgré le choc, nous pensons toutes que Néné a raison quand elle affirme qu’il faut combattre les faux marabouts sans compter le temps que cela prendra. Notre visite se clôture par l’atelier de menuiserie. Certains enfants talibés apprennent le métier du travail du bois. Le résultat est surprenant et encourageant. Nous repartons rassurées. Certains de ces enfants ont un avenir.

Notre voyage se termine par la rencontre de nos filleuls (enfants parrainés par quelques membres d’action Sénégal) sur l’île de Gorée. Etienne,le directeur de l’école de Yeumbelsituée à Dakar, vient accompagné d’éducateurs et d’une vingtaine d’enfants. Pour la plupart d’entre eux, ça sera leur première excursion en bateau. Très vite, ils nous apprivoisent et nous posent des questions sur notre famille, notre pays, notre voyage. Nous terminons la journée autour des tambours et dansons ensemble sans complexe. Quand la journée s’achève, nous les accompagnons jusqu’au bateau, le cœur serré. Le soir, nous fêtons les 50 ans de Néné, notre guide et organisatrice. Elle l’a bien mérité, ce voyage n’aurait jamais pu être aussi riche sans toute son expérience. Ce voyage m’a beaucoup apporté et me laisse une conviction : même si note action n’est qu’une goutte dans l’océan, les valeurs humaines que le peuple sénégalais nous transmet nous enrichissent pour toujours. Pascale, Awa

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EN ROUTE VERS THIENEL

ARRIVEE A THIENEL

A THIENEL

FETE D’ANNIVERSAIRE CHEZ NICOLE A ST LOUIS ET A GOREE : deux magnifiques gâteaux et la décompression.....

EXCURSION AVEC LES ENFANTS PARRAINES A GOREE

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Baba galle , parrainé par Moussa C

A ST LOUIS

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Avec Babacar parrainé par Néné
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Avec Dam dans la voiture de Macky 2012 ! woua !

LE CENTRE ET LES DAARAS

A MBORO

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Aminata dans sa classe avec ses nombreux " jumeaux "
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Anna Cissé : chez elle, on vend la gazelle, la flag, le rosé et le vin rouge ....

A GUET NDAR

A DAKAR

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Avec Arona qui nous remet à chacune d’entre eux une magnifique pirogue de Guet N’dar

LES AVENTURES ... crevaison, panne de voiture pendant 4H le long de l’océan - EN VRAC ... Les chaises ... une belle aventure

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Notre logement à Thienel
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4H d’attente pour la panne de voiture !

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