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Les nouvelles du Mali

Lany Tounka, un village en demande d’aide

Visite de Dramane Sidibé, originaire de Lany, à Lamain la semaine du 24 octobre 05 ( Marie-Pierre )

jeudi 17 novembre 2005, par Marie-Pierre Decocq - Néné Camara

Lany Tounka se situe à 80 km de Kayes, le long du fleuve Sénégal. Les villageois se partagent entre les activités agricoles, pastorales et pour un petit nombre piscicoles.

Le village est équipé d’un centre de santé ( cescom ), d’un forage et d’une école primaire et secondaire qui est sous-équipée depuis 1986 ; le français y est enseigné. Une coopérative s’est également constituée avec pour membres d’anciens émigrés revenus au village pour retrouver leurs racines.

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Chez Dramane à Lany

Depuis plus ou moins 20 ans, le projet subsiste tant bien que mal, malgré les aléas climatiques, politiques et sociaux. Il n’est en effet pas simple de gérer du patrimoine commun, ni de la main d’oeuvre commune.

Un apport en matériel ( pompe - groupe électrogène - buses en béton pour permettre l’irrigation ) avait permis, à l’époque, de cultiver un périmètre afin de nourrir tous les villageois.

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Traversée du Sahara vers Lany

Jean-Yves et Christian, membres de l’ASBL, ainsi que deux amis, se sont ensuite rendus sur place en voiture après avoir traversé le Maroc, le Sahara Occidental, la Mauritanie et le Sénégal pour enfin arriver au Mali et aménager le dispensaire ’cescom’ de Lany.

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chez Djénéba Konaté, l’infirmière

En 1999, grâce à des actions de solidarité avec mes élèves de St Luc, j’ai pu amener lors d’un voyage du matériel scolaire à l’école de Lany et apporter à Djénéba, infirmière du dispensaire, des médicaments et du matériel médical.

En ce qui concerne le périmètre, à ce jour, ils sont trois dont Dramane Sidibé, avec en plus de la main d’oeuvre saisonnière, à faire vivre les nombreuses familles du village grâce à la bananeraie de 4 hectares et les différentes cultures ( sorgho - mil - oignons - tomates ) ; la production est vendue sur place ou échangée contre des services ou du poisson.

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Chez Moussa Camara, pêcheur de Lany

Problèmes pratiques rencontrés actuellement :- Les pièces du seul et unique vieux tracteur sont défectueuses et le tracteur ne fonctionne plus depuis trois ans : il est impossible de retrouver les pièces ( alternateur et piston du relevage hydraulique ) sur place. Un devis a été fait la semaine du 24 octobre 05 à Esplechin - coût : 407 €
- Manque d’étanchéité du réseau d’irrigation pour le périmètre de cultures
- Trop peu de plantation d’arbres ( pour le bois et les fruits )

Comme je l’avais souligné dans l’historique de l’ASBL : l’hospitalité des villageois de Lany et l’extrême pauvreté m’avaient profondément marquée...

Dramane Sidibé est venu à Lamain pour la première fois la semaine du 24 octobre 05 et retourne à Lany fin décembre 05/début janvier06.

Il est demande d’aide pour les pièces de son tracteur. En effet, là-bas, les pluies sont rares et concentrées en grandes quantités sur quelques mois de l’année. La terre rouge -la latérite- est extrêmement dure. Aussi, lorsqu’il pleut, l’eau ne pénètre pas dans le sol. La végétation a du mal à survivre, à moins d’élaborer un système d’irrigation...il est donc très difficile de travailler plusieurs hectares de terre à la bêche pour nourrir tout le village. Malheureusement ces zones arides du Mali connaissent la dégradation des terres et des rendements agricoles qui sont toujours plus faibles...les besoins alimentaires élémentaires sont donc assurés en partie grâce à l’extérieur dont leur survie en dépend. C’est ainsi que ces populations sont les premières exposées au risque de famine lorsqu’un problème ou une catastrophe survient...

A CHACUN SA MANIERE DE LUTTER POUR SA SURVIE SUR SES TERRES...

Marie-Pierre, le 16 novembre 05

P.-S.

Contacts : * Modiba Konaté et son épouse Djénéba ( infirmière au cescom ) * Dramane Sidibé et son épouse Assetou * Moussa Camara, pêcheur de Lany , et sa famille

2 Messages de forum

  • Lany Tounka, un village en demande d’aide 18 novembre 2005 10:59, par Aude

    En lisant l’article que voici et en ayant les échos par Néné, je reste persuadée qu’une aide concrète est plus que nécessaire.
    Ce n’est pas tous les jours qu’un contact vient directement en Europe nous demandant une aide plus qu’utile pour son village et leur bien être au quotidien.
    L’utilisation d’un tracteur... qu’est-ce que c’est pour nous qui en utilisons des sophistiqués constamment... que répondrait un fermier Belge, Européen si nous lui disions de bêcher tout son champs parce que son unique tracteur est tombé en panne... Je pense qu’il n’est même pas nécessaire de donner une réponse. Et encore il faut imaginer qu’ici nos terres sont maléables, sont prêtes à être travaillées aisément... imaginer plutôt des terres tellement dures qu’un trou pour planter un arbre prend plus d’une demi-heure à une heure (selon la force physique de chacun, chacune) à être creusé sous un soleil arride rendant impossible de travailler durant les heures de midi... Et je ne parle pas sans savoir : trois semaine en juillet 2000 à travailler dans les champs avec les Sénégalais de Tambacounda (région la plus aride et la plus désertique du Sénégal) afin de planter quelques centaines d’arbres à 3/5/10 personnes autour d’un plant d’arbre, d’acacia,... à planter en espérant que cette pousse tienne les diverses saisons de sa vie pour apporter le nécessaire au village...
    Ainsi, je ne reste indifférente à cette demande expresse et personnellement je ne me poserais pas même la question d’apporter une aide ou non... Je répondrais OUI sans hésiter et ce, en connaissance de cause.
    Par cela, le village pourra reprendre plus aisément et pour des plus grandes parcelles de terre, la culture de celles-ci et ainsi espérer permettre de survenir davantage à leurs besoins primaires sans trop dépendre de l’extérieur d’autant plus coûteux pour ces familles.
    Je pense, ne connaissant pas réellement les moyens financiers de l’asbl, que 400 euro sont mobilisables à ce terme pour un projet de la sorte, d’autant que les projets de l’Asbl, principaux pour cette année, au Sénégal, à Keur Gondé semble représenter un coût moins élevé que pensé au départ et qu’il ne faut pas oublier qu’il reste encore quelques mois avant de se rendre concrètement au Sénégal et apporter l’aide financière requise, ce qui laisse une marge de temps pour encore récolter de l’argent et être sûr d’en disposer dans les temps voulus.
    Dans le cas contraire où cette somme ne serait pas mobilisable, d’autres idées peuvent germer, tels des collectes de sous dans des églises, des paroisses,... 400 euro est une somme qui peut se récolter aisément en présentant concrètement et implicitement un projet de la sorte.
    Personne ne resterait indifférent, me semble-t-il...

    En espérant que mon témoignage et mon avis personnel apporteront des décisions précises et utiles pour les populations d’Afrique, dans le cas présent, pour le Mali, le village de Lany Tounka...
    et en attendant de voir de nouvelles avancées dans les projets de l’Asbl, qui d’ailleurs ne font que progresser et tendre vers les buts premiers de celle-ci, à savoir le développement durables des populations de Keur Gondé pour cette année... Je vous félicite d’ores et déjà pour toutes ces avances fulgurantes depuis quelques mois et que chacun, chacune se bouge, se mobilise à sa manière et qu’il est bon de savoir qu’au Sénégal, des personnes telles que Mamadou Sy, le docteur Yakou prennent ainsi de leur temps pour faire avancer les choses et tendre vers un demain plus agréable, où des besoins élémentaires seront remplis...

    Bien à vous, continuez ainsi, à entendre et répondre aux demandes des populations elles-mêmes, avec leur aide et leurs solutions et non pas en nous écoutant nous même, européen, qui n’avons bien souvent aucunes idées réelle de ce qu’ils vivent, des conditions qui les entourent, des possibilités qui s’offrent à eux...

    Aude Picavet.

  • Lany Tounka, un village en demande d’aide 22 novembre 2005 13:29, par Marie-Pierre

    Il est peut-être aussi important de signaler que Dramane Sidibé a reçu son billet d’avion d’amis français pour la moitié et de neveux vivant en France pour le solde ; il est revenu uniquement pour que les cultivateurs de Lany puissent subvenir tant bien que mal à leurs besoins pour nourrir leurs nombreuses familles qui ont beaucoup de difficultés à sumonter des frais de fonctionnement imprévisibles comme une maladie grave nécessitant une hospitalisation ou la réparation d’une machine défectueuse...

    Marie-Pierre

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