A.S.B.L. "ACTION SENEGAL" - www.actionsenegal.be
Accueil du site > 06.Les nouvelles du Sénégal. > Février 2013 : j’ai vécu ces quelques jours au Sénégal dans la plus (...)

Février 2013 : j’ai vécu ces quelques jours au Sénégal dans la plus grande richesse qui soit, celle du cœur, celle de rencontres aux éclats de diamants ( Aminata )

Une visite " éclair " au Sénégal pour Aminata ( Jasmine ) , Coumba ( Charline ) et Néné

lundi 25 février 2013, par Marie-Pierre Decocq - Néné Camara

En visite " éclair " au Sénégal avec mes chères " cousine et filleule " Coumba et Aminata ...

Ci-dessous :

> Un bref résumé de la mission de la "tornade blanche"

> Et plus bas, les impressions de Coumba et Aminata.

VISITE AU CENTRE D’ACCUEIL D’ACTION SENEGAL pour les enfants faux talibés

> Exposition des peintures réalisées par les enfants faux talibés guidés par leur professeur artiste peintre Karim Fall . Félicitations à Karim pour sa patience lors des apprentissages ( fabrication de la peinture , exercices sur papier carton, peinture sur toile ) et pour ces magnifiques résultats !

> Organisation du goûter spécial le jour de l’exposition de peintures : goûter bien organisé avec Ibra, Cheikh, Souleymane, Mame Fatou, Raïssa, Babacar, Diodio et Bouba ( Lucile et Paul ). Belle petite animation en chansons en début de goûter pour les enfants.

> Soins dans les daaras avec Souleymane, Cheikh , Mame Fatou et Babacar et Bouba/Paul

> Hygiène et nettoyage des daaras avec Charline/Coumba et Diodio ( Lucile )

> Descente nocturne dans les daaras

> Réunions avec Ibra et Oumar ( pour le fonctionnement du centre- comptabilité - l’entretien du bâtiment d’Action Sénégal - les projets futurs avec de nouveaux stagiaires - le point avec les deux jeunes belges Bénévoles Diodio et Bouba - la suite du programme )

> Soutien et conseils apportés à Diodio et Bouba

> Visite au dispensaire de Guet N’dar > Apport de colis de matériel médical et d’ une prothèse pour une personne amputée .

Don de Jean-Marc C. : des chaises roulantes qui seront acheminées en avril 2013

> Contacts téléphoniques du Sénégal avec THIENEL SAKHOBE puisque pas assez de temps pour s’y rendre

> La 4è classe est terminée ( cimentage intérieur ) - toiture terminée.

Diodio ( Lucile ) et Bouba ( Paul ) seront à Thienel Sakhobé la semaine du 24 février 2013 pour la mise en peinture de cette 4è classe + rafraîchissement de la 1ère classe ancienne.

> Projet de rénovation des toitures des deux anciennes classes

> Problème du cours d’eau : Suite à la visite d’un responsable de la SAED, la construction d’un barrage est interdite. La contruction d’un forage ne convient pas non plus en raison de la taxe très élevée que la population devrait payer à l’Etat sénégalais. Seule solution conseillée par le responsable de la SAED : Creusement dans le lit du cours d’eau pour que l’énorme bande d’argile ne constitue plus un obstacle à l’arrivée de l’eau .

Néné

****************************************************

IMPRESSIONS DE COUMBA/CHARLINE

Mon séjour au Sénégal fut aussi rapide qu’intense. C’était ma "première fois" en Afrique, et ce ne sera pas la dernière (j’espère y retourner à Pâques d’ailleurs, c’est pour dire si j’ai aimé !).

En compagnie de ma fabuleuse marraine, Marie-Pierre/Néné Camara, et de ma toute aussi fabuleuse maman, j’ai découvert la ville de Saint-Louis, ses bidonvilles et bien sûr, le centre d’Action Sénégal.

Les conditions de vie dans les bidonvilles sont assez précaires, tout le monde le sait, mais y être vraiment et voir ces gens aussi démunis (ils ne gagnent pas grand chose, ils n’ont pas de poubelles,...) rend leur situation bien plus frappante.

Mais ce qui l’est plus encore, c’est leur gentillesse. Durant tout mon séjour (qui n’a duré qu’une semaine, certes), je n’ai pas vu un seul Sénégalais désagréable. Dans la rue, tout le monde se dit bonjour et se parle encore pendant plusieurs mètres en continuant son chemin, c’est assez marrant.

J’en ai vu de toutes les couleurs sur la Langue de Barbarie, j’ai eu droit à toutes les odeurs au marché des pêcheurs, et à toutes les saveurs (parfois un peu trop épicées d’ailleurs  ) tout au long de cette courte semaine.

Durant sept jours, j’ai fait la connaissance de gens extraordinaires, ceux qui m’ont accueillie ou ceux que j’ai rencontrés au Centre, comme l’équipe sénégalaise de la Renaissance (dont Cheikh, éducateur HYPER sympa et complètement dévoué aux talibés. Il a beaucoup de projets d’activités à faire avec les enfants qui ont l’air vraiment supers, il faut vraiment qu’il continue et qu’il les mette en pratique !).

Mais il y eut aussi Lucile et Paul (Diodio et Bouba), deux Belges qui travaillent bénévolement pour Action Sénégal pendant plusieurs mois dans les daaras et au Centre. Ils sont vraiment courageux et pleins de patience ; je les admire beaucoup pour donner ainsi de leur temps là-bas, sans rien demander en retour. Aurai-je le cran de leur ressembler d’ici quelques années ? Une belle leçon pour moi, ado vivant dans un monde matérialiste et n’ayant pas (encore) eu l’occasion de me dévouer ainsi…

Les baobabs, les cases africaines, l’océan, les pélicans du Djoudj , les dunes de Lompoul , les enfants faux talibés, les bénévoles du centre d’Action Sénégal , la ville de St Louis, les daaras, Penda Dabo ( une cuisinière hors pair, carrément hors concours et d’une gentillesse .. ! ) , Mame Penda , une autre cuisinière très renommée dont je confirme la super bonne cuisine . .. Autant de paysages et de personnes que j’avais déjà vus maintes et maintes fois en photo chez marraine...

Et cette fois, je l’ai vécu ! Wouah !

Un magnifique voyage qui a ouvert mes yeux d’ado sur un monde bien différent du nôtre… J’en redemande…  !

Coumba (ou Charline)

*************************************************** IMPRESSIONS DE JASMINE/AMINATA

Néné, dans l’avion du retour : « Et n’oublie pas d’écrire dix lignes sur ton voyage pour le site d’Action Sénégal. »

Oups… le ton du professeur ! ( ou de la présidente ... )

Seulement voilà, le temps et puis les mots me manquent durant cette semaine qui suit notre retour.

Mais ce matin, miracle, je vois les deux livres en cours de lecture sur ma table de chevet « Chroniques sénégalaises » et « Eclats de Vies », deux titres qui soudain m’inspirent et ouvrent la vanne des mots pour introduire ce billet, cette chronique sénégalaise qui va tenter de décrire et d’écrire noir sur blanc des éclats de vies de Noirs et de Blancs.

Pas de plages luxueuses, pas d’hôtels *****, pas de restaurants gastronomiques, pas de musées aux riches collections… et pourtant, j’ai vécu ces quelques jours au Sénégal dans la plus grande richesse qui soit, celle du cœur, celle de rencontres aux éclats de diamants.

Des éclats de poissons avec les deux Penda aux éclats de crêpes avec Fatou et Mamadou.

Des éclats d’émotions avec Cheikh aux éclats éclairs avec Ousseynou et Makha.

Des éclats de route avec Racine aux éclaboussures d’océan avec Diodio et Bouba.

Des éclats de sérieux avec Oumar et Ibra aux éclats de rire de Nicole.

Des éclats d’énergie de Néné aux états d’âme de Lucile et Paul.

Des éclats de complicité nouvelle entre Coumba et sa marraine aux éclats de connivence inconnue avec ma fille Charline.

Bref, autant d’éclats de vies que je rassemble en ma mémoire pour former une immense mosaïque, où se dessinent en mille couleurs la solidarité, le don de soi, l’accueil, la joie de vivre, le partage.

Il y eut aussi Arona, Abi et ses acolytes du dispensaire ; il y eut Patrick et Adolphe ; il y eut Souleymane, MameFatou, Babacar et Karim… et puis il y eut les nombreux pseudo-talibés, ces enfants mendiants soit-disant dédiés à la gloire d’Allah, que j’ai vus parqués par dizaines dans des pseudo-internats coraniques, que j’ai vus sillonner les bidonvilles de St-Louis les pieds nus et la sébile à la main, tous ces enfants restés anonymes mais imprimés dans ma mémoire en autant de visages uniques, aux grands yeux effrontés ou étonnés ou apeurés ou tristes, mais tous avides de mon propre regard, de la chaleur et d’une lueur d’affection qu’ils pourraient y trouver, tous avides d’enfin sourire et se laisser gagner pour quelques brefs instants par la fugace insouciance de l’enfance qui leur est volée. Entrer au Sénégal, pour moi, c’était découvrir en vrai ce que Néné me décrivait à longueur de repas de famille, c’était mettre en mouvement, en odeurs et en sensations les photos innombrables qu’elle m’expliquait minutieusement ; c’était la perspective de rencontrer ces hommes et ces femmes pour qui l’enfance démunie (de « matériel » mais surtout d’affection) n’est pas une vaine cause et pour laquelle ils consacrent, les uns quelque argent mais tous, leur temps, leur énergie, leur patience, leur cœur.

En les découvrant, tous sans exception (‘chauffeur’, soignants, éducateurs ou autres), je me suis approchée de ce feu sacré qui les anime et me suis sentie très petite face à leur force et leur courage.

A l’image des paysages d’Afrique qui m’ont impressionnée par la puissance de leurs chaudes couleurs, ces hommes et ces femmes dégagent une chaleur et un don de soi qui en font des humains vivants. Quand je lis un bouquin, je suis parfois (souvent) touchée, puis je le range dans ma bibliothèque et je continue mon quotidien.

Là, j’ai vécu immergée dans une réalité profonde, je me suis laissée toucher et je ne pourrai pas refermer les pages et tout laisser de côté. C’est rentré irrémédiablement au-dedans de moi et, désormais, tout cela et tous ceux-là existeront véritablement pour moi.

Merci à tous ceux que j’ai rencontrés, Noirs ou Blancs, d’être ce que vous êtes.

Aminata (alias Jasmine)

********************************************************

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0