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JUILLET 2014 : MISSION D’ ELISABETH ET PAULINE > Si nous devions qualifier cette expérience, nous dirions qu’elle fût psychologiquement émouvante. Notre cœur d’enseignante et de future maman a réalisé à quel point nous étions chanceuses de travailler et vivre en Belgique. Nous en ressortons bouleversées, avec une envie de relativiser encore plus notre quotidien

mardi 12 août 2014, par Marie-Pierre Decocq - Néné Camara

Notre année scolaire à peine terminée, nous devions déjà penser à notre grand départ et préparer notre petit bagage (10kg pour un mois). Le 2 juillet 2014, nous laissions notre belle grand-place de Tournai, le cœur empli de joie grâce aux Belges qui nous emmenaient en quart de finale. Le périple Paris – Dakar pouvait commencer !

Ci-dessus : photo de B.Dochy Après six heures de vol sans encombre, nous atterrissions à l’aéroport de Dakar où notre chauffeur, Pape, nous attendait impatiemment afin de nous conduire au centre d’Action Sénégal à Sor Pikine (région de Saint-Louis). Nous y avons été accueillies par Néné et les bénévoles. La nuit allait être de courte durée puisque nous devions repartir trois heures plus tard pour le village de Thienel Sakobé. Se rendre dans le Fouta n’est pas chose aisée, il faut enchaîner plusieurs moyens de transport parfois insolites (taxi brousse, charrette et pirogue) pour y arriver. Nos premiers sentiments d’aventurière naissaient mais nous n’étions pas au bout de nos surprises lorsque nous avons aperçu, au loin, les Toucouleurs chanter et danser pour notre arrivée !

Notre objectif était de réaliser des activités ludiques et éducatives telles que des scoubidous, des bracelets, des chansons à gestes, des bricolages et même des productions écrites avec les plus grands en vue de l’épreuve du BFEM (brevet de fin d’études moyennes).

Nous n’avons gardé que de bons souvenirs de cette semaine passée à Thienel car nous avons été admiratives de la joie de vivre et de la fraternité des habitants malgré la famine, la sécheresse et leurs conditions de vie peu évidentes.

Le 7 juillet 2014, notre séjour dans le village touchait à sa fin. Nous quittions ce lieu riche et surprenant pour nous rendre au centre d’Action Sénégal à Sor Pikine et découvrir les réalités (pauvreté, individualisme, pollution...) et les contrastes de la ville. Nous avons rapidement pris conscience que notre mission serait totalement différente en raison du manque d’éducation et de repères familiaux. En effet, il est difficilement concevable, dans notre société européenne, de voir des enfants en bas âge errer dans les rues, mendier toute la journée au profit de « faux-marabouts » et d’une religion qu’ils sont trop jeunes pour comprendre. La période de Ramadan face à laquelle nous étions confrontées durant tout notre séjour ne favorisait pas notre bon rapport à la culture musulmane. Par exemple, lors des goûters (le vendredi), nous avons été touchées d’observer certains enfants conserver leurs biscuits bien que leurs petits corps chétifs témoignaient d’une réelle sous-alimentation. Cette expérience nous a fait grandir, nous a aidées à surmonter nos craintes et à dépasser nos limites. En tant qu’enseignantes, nous n’étions pas préparées à prodiguer des soins aux enfants tout comme les professionnels de la santé n’étaient pas formés à l’animation. Dans ce contexte, la coopération de l’équipe d’Action Sénégal et l’entraide étaient des valeurs essentielles au bon déroulement des tâches. Chaque bénévole tentait, du mieux qu’il pouvait, d’apporter sa petite pierre à l’édifice.

Nos journées étaient rythmées par les soins dans les daaras le matin et l’organisation d’activités l’après-midi. Nous avons très vite compris que l’approche des enfants « faux-talibés » ne serait pas la même que celle des enfants de Thienel à cause de la barrière de la langue et de la non-habitude aux structures d’encadrement éducatif. Seuls les jeux et les bricolages, à l’intérieur, étaient envisageables. Dans ces conditions, nous nous retrouvions face à des enfants appliqués, concentrés et consciencieux. Néanmoins, lorsque les bambins repartaient, bricolage en mains, nous étions affectées de savoir qu’ils ne pourraient pas exprimer leur fierté ; la fierté d’un enfant apportant sa réalisation dans sa famille.

Même après trois semaines au centre, il était complexe d’établir un lien affectif avec les enfants. Nous étions heureuses de leur offrir quelques heures de joie et de divertissement mais nous gardions, dans un coin de notre esprit, la frustration de ne pas pouvoir remédier à ce problème sénégalais.

Si nous devions qualifier cette expérience, nous dirions qu’elle fût psychologiquement émouvante. Notre cœur d’enseignante et de future maman a réalisé à quel point nous étions chanceuses de travailler et vivre en Belgique. Nous en ressortons bouleversées, avec une envie de relativiser encore plus notre quotidien. Ce changement nous marquera très longtemps !

Nous remercions Néné de nous avoir permis ce voyage et de nous avoir aiguillées durant la première partie de l’aventure pour que nous puissions « voler de nos propres ailes » dès son départ.

Diarama à Néné et toute son équipe et comme on dit là-bas, Inch’Allah !

Elisabeth/Babeth/Bané et Pauline/Aïda

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