A.S.B.L. "ACTION SENEGAL" - www.actionsenegal.be
Accueil du site > 06.Les nouvelles du Sénégal. > JUIN-JUILLET 2015 : " STAGE AU SENEGAL " Typhaine/Rama, infirmière avec (...)

JUIN-JUILLET 2015 : " STAGE AU SENEGAL " Typhaine/Rama, infirmière avec ASBL Action Sénégal Belgique

" Une fois dans l’aéorport où notre vie sénégalaise s’est arrêtée, mon coeur était vide, brisé en deux."

mardi 25 août 2015, par Marie-Pierre Decocq - Néné Camara

" STAGE AU SENEGAL " Typhaine/Rama, infirmière avec ASBL Action Sénégal Belgique

" Une fois dans l’aéorport où notre vie sénégalaise s’est arrêtée, mon coeur était vide, brisé en deux."

Salam aleikoum Toubab,

Nous venons de passer un stage au Sénégal avec l’ASBL Action Sénégal Belgique en tant qu’infirmières diplômées de Jeanne d’Arc - Tournai. Le 14 juin, nous avons pris le TGV à Lille jusqu’à Paris. On voyageait avec 4 énormes bagages remplis de matériels de soins et de vêtements pour les enfants faux talibés. Nous avons décollé le lendemain matin pour le Sénégal. Arrivées à Dakar, nous sommes accueillies par le plus grand sourire du mannequin de l’association : Ousseynou ! chez lui, on a eu droit à notre premier repas sénégalais : le thieboudienne. On a également appris à manger avec la main droite, pas facile de ne pas en mettre partout. Dès le lendemain matin, nous sommes allées visiter une des écoles de Néné où les élèves de toutes les classes ont chanté la chanson du Sénégal. On se sentait comme des stars alors qu’on n’avait encore rien fait pour eux... Ensuite, départ pour St Louis : Pour cela, comme nous l’avait bien expliqué Néné à une de nos réunions, nous devions prendre un taxi brousse. Ce fameux taxi peut être entier ou en pièces détachées émoticône smile. Heureusement pour nous, il était entier et on est arrivé à bon port 4h après. A la gare routière de Saint-Louis, nous avons été toute de suite mises dans le bain en étant accueillies par des enfants faux talibés qui faisaient l’aumône ou encore qui nous aidaient. Thiam, le gérant du centre de l ASBL Action Sénégal et le docteur Oumar Seck sont venus nous chercher. Arrivées au centre, nous avons rencontré l’infirmière : Mariama, diplomée d’Etat depuis 2011 qui a étudié et travaillé à Saint-Louis. Nous avons eu droit à notre première réunion avec le gérant Thiam pour organiser notre horaire de notre stage : de 9h -13h au cabinet médical du docteur Seck tous les jours sauf le week-end et le mercredi où on se rend dans les darras avec les éducateurs. De 16h à 19h, on travaillait au centre pour accueillir les enfants faux talibés blessés, accompagnées de l’infirmière.

Nous avons trié les bagages en mettant les compresses, gants et tout ce qui est " matériel de soins " dans l’armoire du centre en faisant l’inventaire.. Damien dit Samba au Sénégal nous a accueillies avec 3 gazelles ( bière du Sénégal ) , une détente avant le travail du lendemain. Nous avons fait la connaissance du chauffeur Moussa. Le soir même, nous sommes allés manger un délicieux repas avec des crevettes chez Oumar, le docteur qui habite à 5 minutes du centre. Oumar Seck est un urgentiste, Il nous a expliqué les différentes pathologies qu’il rencontre le plus souvent dans son cabinet : diabète, HTA, plaies, allergies,...

Dés le départ, nous avons eu une bonne entente entre nous. La différence avec la Belgique, c’est que là-bas, il n’y a pas de supériorité entre docteur et infirmières, ce qui permet d’apprendre mieux en stage. Le mercredi 17 juin, nous sommes allées dans 7 darras différents. Nous étions accompagnées de Thiam, le gérant et Cissé, l’incroyable éducateur qui sait tout faire à une jambe et ses béquilles. L’infirmière ne nous a pas accompagnées puisqu’elle devait rester dans la salle de soins du centre d’Action Sénégal et être disponible pour les enfants faux talibés qui viennent au centre. Les darras clandestins sont des bâtiments insalubres, délabrés, abandonnés ou en construction. Les enfants dorment sur le sol, apprennent, soi-disant , le coran avec le faux marabout. Nous rencontrons beaucoup d’enfants avec des petites blessures au niveau des pieds qu’on nettoie avec de l’iso-bétadine et du savon, puis, on désinfecte à l’iso-bétadine aqueux. Selon les plaies, nous les recouvrons ou pas, mais malheureusement avec la chaleur, les petits pansements se décollent très vite. L’idéal est de recouvrir avec des bandes ou encore des pansements mefix que nous avions apportés dans nos bagages. Beaucoup d’enfants ont la gale, de la toux, sont blessés. Un des faux marabouts comptait sur nous pour les soins et nous lui avons renseigné la salle de soins du centre d’Action Sénégal ou le docteur Seck pour les maladies plus graves. Le docteur Seck étant le médecin qui travaille pour Action Sénégal Belgique.

Une fois la visite des darras terminée, une petite pause s’imposait et nous a fait du bien après une matinée d’émotions intenses dans les daaras clandestins.

Vers 16h, commence notre travail au centre. En attendant les enfants, nous avons rangé un peu la salle de soins très bien équipée : un bureau , une table et une armoire remplie de matériel de premiers soins. Etant donné que les activités du centre ont bien repris après la période des travaux ( remise en peinture des locaux, construction du deuxième étage et aménagement ) ,les enfants sont arrivés au compte-gouttes au début pour se faire soigner. Lorsqu’il n’y avait pas de soins à prodiguer, nous faisions des activités avec eux : football, la main de l’antitipompon, le jeu de la tomate, des courses relais avec des pneus, la corde, de la peinture... Pour l’explication des jeux, on devait se référer à un des éducateurs Cissé ou Souleymane puisque les enfants ne parlent pas un mot de français. ( les faux talibés viennent du Fouta et parlent peul, d’autres parlent wolof, d’autres encore proviennent de Gambie, de Guinée Bissau ou Conakry , du Mali ... ) et donc il faut des interprètes.

Une fois cette première journée de travail terminée, nous sommes allées manger chez Oumar avec samba et Moussa.

Jeudi 18 juin : Travail au cabinet médical chez Oumar Seck . Oumar travaille avec beaucoup de coeur. Il a une grande passion pour son travail et il prend plaisir de nous apprendre et nosu motive. Ils disposent de 2 lits comme dans un hôpital de jour où le premier jour, nous avons reçu une femme présentant une anémie macrocytaire, une autre souffrant d’une fièvre jaune, un homme atteint d’une cirrhose hépatique où le médecin a effectué une ponction d’ascite. Il y a aussi une salle de soins où nous avons soigné un patient blessé au niveau du pied suite à un accident de moto. Cette salle sert aussi à faire des massages de revalidation effectués par l’infirmier Birame qui a été formé par le docteur Seck.

Nous avons constaté que la stérilité n’est pas toujours aussi stricte qu’ en Belgique. Par exemple, les pinces cochers et ciseaux sont nettoyés avec du produit de vaisselle.

Dans la grande salle d’attente du cabinet médical, il y a une TV pour les longues attentes. Il y a également 2 bureaux de consultation du docteur Seck et d’un médecin d’entreprise.

Ce qui est différent de chez nous, c’est la rapidité, l’urgence au niveau des soins et le médecin n’envoie pas les patients systématiquement à l’hôpital. L’après-midi au centre, nous faisions les bains avec les enfants faux talibés qui veulent bien se laver. Pour la plupart d ’entre eux, ils se lavent seuls, on met juste à leur disposition l’eau et le savon. Pour les plus petits, nous les lavons en les frottant bien. IL faut savoir que dans les daaras clandestins, les enfants n’ont pas accès à l’eau .

Le vendredi 19 juin, jour tant attendu par les sénégalais, était le premier jour du Ramadan. Je les ai accompagnés pour cette première journée avec Samba à partir de notre petit déjeuner jusqu’à l’apparition de la lune sans manger. Dur de résister devant les pains choco qu’on préparait pour le goûter des petits enfants faux talibés. Ce jour-là, de nombreux enfants sont venus manger ½ baguette avec du choco, des dattes et du lait avec de la menthe. Les dernières heures de jeûne étaient les plus dures en étant attentifs à ce que les mosquées nous annoncent à la fin de la journée la coupure qu’on a partagée avec Moussa.

J’ai eu la belle surprise d’avoir un repas de rêve pour mon anniversaire : fromage avec graines de moutarde comme apéro, croquettes lutosa avec merguez au BBQ, salade et puis comme dessert, une pâtisserie sénégalaise avec bougies pour mes 22 ans !

Merci encore Samba, Moussa et Malika pour cette belle soirée d’anniversaire ! Les week-ends , après la semaine de travail, nous prenions une pause en visitant la pointe Nord de St Louis ou en dégustant de bons plats dans des petits restos sénégalais, ou en dégustant les bonnes crêpes d’Hervé, ou en visitant la langue de Barbarie, la réserve de Guembel .

Le dernier WE, nous avons fait notre dernière lessive à la sénégalaise et Oumar nous a invitées dans un restaurant de St Louis.

Nos nuits n’étaient malheureusement pas de tout repos. Nous devions nous lever vers 2h-2h30 du matin pour remplir des bidons d’eau pour la journée. Et oui, c’est difficile à comprendre en Belgique, mais de toute la journée, au sénégal, il y avait les coupures d’eau sauf aux petits heures du matin ! Tout est possible au Sénégal ! De plus, étant entourées de mosquées, à 4h-5h du matin, nous avions droit aux réveils pour que les sénégalais mangent avant de commencer la journée de ramadan. Certains matins, les appels à la prière étaient plus dynamiques que d’autres. Ensuite, toute la journée, nous étions accompagnées aux appels des prières. Nous étions heureuses quand nous avons été à la réserve de Guembeul où nous avons retrouvé le silence complet ! Cela faisait tout drôle !

Au fur et à mesure des semaines nous avions nos petites habitudes qui s’installaient. Le travail chez Oumar était toujours intéressant.On en apprenait tous les jours. Un jour, nous avons fait des consultations à domicile .

Entretemps, nous avons appris un matin à 6h que nous étions diplômées ! Au cours de notre séjour, nous avons eu la chance de féliciter un enfant faux talibé scolarisé qui a eu de bons résultats.

Le mercredi 1er juillet, nous avons préparé l’arrivée de notre très chère présidente Néné à Saint-Louis : avec champagne et tapis rouge au centre pour l’accueillir. Le lendemain, elle est venue voir notre travail auprès de Oumar qui était très content de nous. Il nous a décerné une attestation de fin de stage.

Le soir-même, nous avons fait une crémaillère avec toute l’équipe du centre : l’infirmière Mariama, l’aide ménagère Ndiaye, les 2 éducateurs Cissé et Souleymane, le gérant Tiam qui nous a décerné un diplôme de participation et Moussa

Vendredi 3 juillet, notre dernier jour à Saint-Louis, nous sommes allées dans les Darras avec Néné. Et ce jour du goûter, nous avons eu droit à 2 invités très spéciaux au centre : un chanteur sénégalais de rap qui voyage beaucoup avec ses chansons aux USA et en Europe ainsi qu’un notable important de Saint-Louis. En plus de chanter une chanson avec les enfants faux talibés, ils nous aidaient à distribuer les pains choco, les dattes et le lait.

Les "au revoir " ont débuté avec l’équipe d’Action Sénégal qui travaille dans le centre d’accueil de l’ASBL puis se sont terminés chez docteur Oumar. Le samedi 4 juillet, nous sommes parties très tôt pour aller à Dakar avec Néné et Moussa Sur la route, nous nous sommes arrêtées pour faire quelques achats de souvenirs grâce à l’incroyable talent de Néné pour négocier. Avant d’arriver à Dakar, nous sommes passées par le célèbre lac rose où nous avons dîné. Une fois à Dakar, Malika et moi avons accompagné Ousseynou, capitaine d’une équipe à un match de football. Moussa est devenu le chauffeur de toute l’ équipe de football avec au moins 15 personnes dans sa camionnette ! Tout est possible avec M-O-U-S-S-A ! Après un souper, dans une ambiance 100% sénégalaise dans un restaurant, nous nous sommes endormies chez Ousseynou , acccompagnées de nos nouvelles amies les souris, très nombreuses cette nuit-là .

Le dimanche, nous sommes allées sur l’île de Gorée avec Néné. Nous sommes allées chez son amie Penda réputée pour ses brochettes de lottes. . Après une viste de l’île avec notre guide Néné Camara qui connait l’île comme sa poche, nous sommes allées manger une brochette de lotte dans un restaurant. Néné devait se mettre des lunettes de soleil pour passer inaperçue sur l’île. Tous les habitants et le maire la connaissent très bien. Ensuite, nous sommes allées faire une sieste sur la plage.

Lundi 6 juillet, dernier jour au Sénégal, mais aussi jour de panique ! Effectivement nous avons été réveillées en sursaut à 6h du matin par un message de ma mère qui disait qu’elle nous attendait à l’aéroport. Elle s’était trompée de jour !

Ce tout dernier jour était le jour le plus triste. Nous avons fait les derniers préparatifs, les derniers achats. Nous sommes allées jusqu’en haut de la statue de la Renaissance en sachant que c’est une abération d’avoir dépensé autant d’argent pour cette statue quand on connaît la pauvreté et la misère de la population sénégalaise.

A l’arrivée de Fatou/Marie-Françoise, infirmière, nous avons fait un petit débriefing avec elle et Néné , sur notre expérience en tant qu’infirmières. Puis est arrivé le moment des “au-revoir” à notre fidèle Moussa. Une fois dans l’aéorport où notre vie sénégalaise s’est arrêtée, mon coeur était vide, brisé en deux.

Mais ce n’est pas un adieu, ce n’est qu’un "au revoir"

Je tiens à remercier :

- toute l’équipe d’Action Sénégal du centre de St Louis ( Thiam, Mariama, Cissé, Souleymane, Ousseynou) pour leur disponibilté et leur aide,

- le Docteur Seck pour tout ce qu’il nous a appris

- Moussa pour sa gentillesse et son amitié

- à Samba pour les repas et les nombreuses autres multi - tâches

- à Malika pour ces semaines d’aventure ensemble

- à Jeanne d’Arc, la direction de nous avoir fait confiance

- à Madame Peutte de nous avoir soutenues dans notre projet et finalement et surtout, à Néné Camara, Marie-Francoise et Charlotte pour cette belle organisation de stage !

Rama - Typhaine

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0