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NOVEMBRE - DECEMBRE : MISSION HUMANITAIRE DE AMINATA ( Emeline ) ET DE OUMOU ( Sara ) avec les enfants faux talibés au centre d’accueil d’Action Sénégal Belgique ( 1ère partie )

> " NOUS N’AVONS PAS DE MOT POUR DECRIRE LA REALITE DE CETTE ATROCITE "

dimanche 6 décembre 2015, par Marie-Pierre Decocq - Néné Camara

MISSION HUMANITAIRE DE AMINATA ( Emeline ) ET DE OUMOU ( Sara ) avec les enfants faux talibés au centre d’accueil d’Action Sénégal Belgique > " NOUS N’AVONS PAS DE MOT POUR DECRIRE LA REALITE DE CETTE ATROCITE "

Nos premières visites dans les daaras clandestins

On appréhende beaucoup notre arrivée dans les daaras clandestins. Avec tout ce qu’on a déjà pu entendre, on sait que ce que nous allons voir ne va pas être facile.

On passe la porte et on aperçoit une vingtaine d’enfants assis par terre avec un coran à la main. Les enfants marmonnent des phrases en arabe tout en se balançant d’avant en arrière. La vision est déjà très étrange, d’autant plus que ceux-ci ne comprennent pas un mot de ce qu’il répète sans cesse. Une pure mise en scène .... Leur faux marabout n’était pas présent. L’aidant du faux marabout s’occupe de garder les faux talibés. Ils n’ont rien pour se poser et sont à même le sol. En saison de pluie, les enfants sont dans l’eau. On visite la chambre qui se situe juste à côté de la cour. Leur « chambre » est si petite et tant d’enfants dorment les uns sur les autres… Le sol est couvert de déchets et on peut apercevoir leur assiette, qui ressemble plutôt à une gamelle de chien , avec un restant de nourriture pourrie recouvert de mouches et d’autres bêtes… Un animal est mieux logé et mieux nourri que ça. On n’a pas de mots pour décrire la réalité de cette atrocité... La visite d’autres daaras clandestins s’est enchaînée, l’émotion s’accumule de plus en plus…nous devons retenir nos larmes ... Dans un des daaras clandestins , les enfants ne sont pas là. Ils sont partis mendier dans le quartier . Cependant, on visite les différentes pièces. Trois pièces se trouvent à droite de la grande maison du faux marabout. Nous hallucinons en voyant son palace accompagné de son étable, c’est réellement ce que ce daara clandestin fait ressentir. La première pièce est vide, toujours remplie de déchets. La deuxième, on y trouve un enfant couché sur un petit tapis. Il n’a pas l’air bien. Néné appelle le faux marabout et demande si l’enfant va bien. On remarque que sa jambe est très gonflée avec des ganglions, on le soulève. Il a vraiment du mal à marcher. On décide de l’emmener au centre avec l’accord de son faux marabout. Il verra le medecin. Lorsqu’un membre de l’équipe du centre explique au faux marabout que les enfants peuvent venir au centre, on a le sentiment que ce dernier s’en moque et écoute à peine. Il lui explique qu’ils viennent pour se faire soigner, pour se divertir, pour apprendre, pour se laver ou pour prendre le goûter du vendredi. Le faux marabout se sent supérieur sur son trône, nous sommes écœurées de voir ça. Les mots nous manquent. Si seulement on pouvait reprendre ces petits bouts avec nous.

Les bains des faux talibés Les enfants viennent au centre pour se laver. Les plus grands se lavent seuls dans des douches. On s’occupe des plus petits. Encore une fois c’est difficile de mettre des mots sur ce qu’on vit.... Mais ... C’est magique de pouvoir leur donner un peu de tendresse, de rire avec eux, de les chatouiller… On sait qu’ils ne sont pas habitués à ça. Certains sont tout de même méfiants. Mais la fois suivante, on sent qu’ils le sont moins. Les nouveaux t-shirts leur sont distribués, ils sont encore plus beaux et souriants. Des vrais enfants propres, du moins pour quelques heures. Les premières activités

La barrière de la langue nous empêche de faire les activités comme on le désire mais un interprète nous aide toujours pour expliquer au mieux aux enfants l’objectif de notre jeu. On procède d’abord à des coloriages. Ils sont tellement heureux de pouvoir simplement colorier. Ils sont satisfaits de peu de choses. Ça change des enfants de chez nous. Ils pourraient faire ça pendant des heures. Après, on propose la chaise musicale, c’est génial. Ils adorent et nous aussi. On sent une complicité s’installer. On leur a également expliqué le jeu mikado, où là les enfants doivent être concentrés et habiles. Ils sont impressionnants, ils comprennent tellement vite. Après les jeux, le cours d’alphabétisation commence. Nous n’avons jamais vu des petits aussi enchantés d’apprendre. Ils sont sages et écoutent attentivement ce qui leur est demandé. Ils écrivent l’alphabet, des mots, et répètent les sons. Ils se débrouillent bien. En guise de récompense d’un travail accompli, on leur donne des bonbons en sortant de la classe.

Leurs sourires nous réchauffent le cœur. Malheureusement, c’est l’heure pour eux de repartir dans leurs daaras clandestins respectifs. Nous sommes tellement chanceuses de vivre ça avec eux et de pouvoir leur apporter un peu de bonheur. Contradictoirement, ces enfants nous apportent bien plus que ce qu’on leur donne.

Oumou et Aminata

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