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MAI-JUIN-JUILLET 2008 : RAPPORT D’ACTIVITES DE NICO ET SYLVIE

lundi 15 septembre 2008, par Marie-Pierre Decocq - Néné Camara

Nicolas et Sylvie au Sénégal Rapport d’activités remis à Marie-Pierre le 13/08/08

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Avec Athia, la matrone de Thienel qui nous accueille à merveille !

Après presque trois mois de vie au Sénégal, le temps d’un premier bilan est venu.

THIENEL : MAI - JUIN 2008

Apres un accueil chaleureux a Thiénel-Sakhobé et un temps d’adaptation à la vie dans le Sahel, nous nous sommes plongés dans notre mission. Notre intégration, aux dires de nos hôtes et selon notre sensation, fut excellente. Notre premier réel contact avec l’Afrique s’est avéré très difficile durant les premières semaines de notre immersion dans cette culture différente mais une fois nos stéréotypes et autres idées préconçues abandonnées, nous avons pu nous construire une vision plus authentique du Sénégal. Nous avançons maintenant sur le chemin (riche s’il en est) de la compréhension des dynamiques sociales sénégalaises.

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Du riz, des oignons...Des oignons, du riz ... pas de légumes, ni de fruits, ni de fromage, ni de chocolat ... et parfois .. pas de riz !

Dans la brousse à Thienel, la vie est très dure. Hormis le soleil et la chaleur écrasante, la nourriture est très peu variée et pauvre (riz et oignons constituent leur base alimentaire... pour ne pas dire leurs repas quotidiens) ; l’eau est un problème de tous les jours étant donné qu’il faut sans arrêt aller la chercher au puits du village (pour la consommation courante) et l’extirper du fleuve pour irriguer les champs ( ou la boire pour les villageois ). L’électricité est absente si l’on ne compte pas les panneaux solaires installés par Action Sénégal à l’école et au dispensaire du village. Malgré cela la vie dans le désert du Sahel n’est pas malheureuse : les villageois vivent en famille et une certaine solidarité existe entre eux.

La présence de l’Occident par l’entremise de l‘ASBL Action Sénégal commence à se faire sentir dans le village. :

- On peut remarquer les bénéfices pour la population de la construction d’une troisième classe et des champs qui sont maintenant verts.

- Les familles thiénéloises ont de quoi se nourrir et même de quoi revendre un surplus de gombos au marché de Dodel et également en Mauritanie, tout cela grâce au motopompe de l’ASBL .

- Une mini entreprise de confection de textile est également à remarquer.

Quant à nous, nous avons travaillé à différents postes :

-  La troisième classe de l’école

Nous en avons supervisé la fin des travaux de toiture, de pose des fenêtres, de la chape intérieure et du trottoir. Pendant que Moussa, le maçon du village effectuait ces travaux, nous avons restauré les quatre tableaux des deux autres classes (ponçage, enduit, peinture) ainsi que les bancs défectueux des trois classes. Une fois la classe finie, nous en avons peint les murs en bleu ciel et avec l’équipe de Néné envoyée par l’ASBL ( les 6 jeunes filles : Pauline, Nathalie, Manon, Sarah, Julie et Mélanie ), nous avons intégré le matériel didactique durable sur les murs de la classe ( alphabet - les formes géométriques - les bâtonnets / Les nombres - la carte géographique du Sénégal ) Pour vraiment terminer ce travail, il nous faut encore acheter et vernir les trois portes ainsi que les planches des étagères du bâtiment scolaire.

-  Le four solaire Acheminé jusqu’au village presque entier (il a quand même traversé le Sénégal à dos de voitures), nous avons acheté une autre vitre en vue de la tester. L’expérience n’est toujours pas concluante : l’eau mise a l’intérieur ne s’est pas mise à bouillir, même après 4 heures au soleil. Nous n’avons toujours pas déterminé la cause du dysfonctionnement. L’équipe de Marie-Pierre se charge de donner ces informations à l’IPES à leur retour afin d’y réfléchir et trouver une solution.

- La clôture des manguiers Il était prévu de clôturer le terrain où furent plantés les manguiers offerts par l’asbl mais suite aux nombreuses discussions, il fut décidé d’abandonner ce projet. Les habitants du village préfèrent clôturer l’ensemble des 8ha prévus pour la culture. Pour étaler les dépenses, ils proposent de le faire en deux temps. nous ne sommes pas au courant de la décision finale de l’ASBL.

-  L’entreprise de couture Suite aux discussions, il fut décidé de ne pas participer aux marchés locaux avec le produit textile des séances de couture collectives de Thiénel. Les vêtements produits par ces femmes ne sont pas encore assez bien finis pour les y commercialiser. De plus, la place sur le marché est chère et sans certitude de vente. Il fut donc décidé d’organiser les ventes des confections du groupe dans le village même et dans les quelques villages environnants. L’argent ainsi dépensé pour les achats de vêtements resteraient dans le village au lieu de sortir vers les autres points de vente. L’argent gagné sera toujours conservé selon les 3 tiers (achat de matière première, réparations éventuelles des machines, bénéfice).

-  Les champs Nous avons supervisé les arrosages et la pose de paille au pied des bananiers. Tout s’est bien passé.

-  Les eucalyptus Suite aux discussions, il fut décidé de ne pas les planter dans chaque concession du village comme initialement pensé mais sur un côté du village. Ils permettraient ainsi de stopper une partie du vent sableux et brûlant venant de Mauritanie. De plus, cette position leur permet de bénéficier du surplus d’eau sortant du forage et s’écoulant dans des canaux d’irrigation prévus à cet effet. Une fois les canaux creusés et le forage réparé.

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Des réunions se sont orgnaisées entre les villageois et la responsable de l’ASBL pendant trois jours en juillet 2008. Des actions se sont mises en place ( voir article sur juillet et août 2008 pour l’évolution des actions )

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LE CENTRE AED ( Action Enfance Développement )

Apres une semaine de prise de contacts, de préparation à l’intégration et d’observation, nous nous sommes éloignés 15 jours de nos obligations. Histoire d’être un peu a deux, de croiser des membres de notre famille de passage sur le continent africain et de se prélasser sous le soleil, enveloppés dans le calme salutaire de M’boro plage. Ce temps fut également important pour penser notre voyage au Sénégal, la place que nous y prenons, nos attentes et celles de nos hôtes, notre rôle ici. En un sens, pour nous remettre sur les rails du travail constructif et motivé. Les discussions constructives avec les responsables d’Action Sénégal, avec d’autres jeunes en mission et les membres de notre famille ont été très positives.

Le train lancé, nous avons pris part aux activités du centre et mis en place quelques autres. Cela fait maintenant presque 2 semaines que nous évoluons dans le centre AED, tentant de notre mieux de nous intégrer à son équipe, à ses objectifs et à sa population. Nous pensons que nous ne nous débrouillons pas trop mal, forts de notre expérience de trois mois dans le Sénégal.

Notre premier rôle est de soigner les enfants talibés arrivant au centre. Il s’agit surtout de soigner des plaies et la gale (le choléra fait son apparition également), de raser leurs cheveux. Nous participons également au lavage de ces enfants ainsi qu’à la lessive de leur seul vêtement déchiré. Nous nous sommes vite rendus compte que la base de ces problèmes récurrents et inquiétants vient d’une hygiène déplorable de leurs lieux de vie et dans leurs habitudes de vie.

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Le centre permet aussi aux enfants talibés de venir faire leur lessive

La prévention est donc une priorité.  : C’est dans cette optique que nous avons mis en place un atelier peinture « hygiène » où nous invitons les enfants à peindre une fresque dessinée par Jean François Decaluwé lors de son passage au centre. Ce dessin géant sur tissus reprend des thèmes comme : Je me lave tous les jours, je mets des habits propres, je lave mes habits et je me soigne. Ces ateliers ont lieu une fois par semaine.

Nous nous attelons à créer un lien de confiance avec les enfants. Ce qui permettra ultérieurement un travail plus en profondeur dans les daaras, avec les marabouts et ses talibés. Pour cela, nous avons organisé un atelier d’expression artistique. Les enfants talibés ou les enfants du quartier qui le désirent ont la possibilité de s’y exprimer par le dessin. Durant ces sessions d’expressivité, nous discutons tant bien que mal avec nos artistes en herbe (notre maîtrise du wolof n’en étant encore qu’à ses débuts), tentant de les motiver a s’exprimer, à revenir, a tisser des liens avec nous, avec le centre mais également entre eux.

Les enfants talibés et ceux du quartier ne se rencontrent en effet pas beaucoup, les parents ayant quelques réticences à laisser leurs marmots jouer avec les talibés sales et pas toujours éduqués à la perfection. Forts de notre expérience en psychologie, nous espérons pouvoir mieux comprendre les souffrances de ces jeunes exprimées par le dessin.

Apres de nombreuses discussions, nous nous sommes rendus compte que l’AED a de très bonnes idées, des tonnes de projets en attente d’être mis en œuvre et des membres semi bénévoles très motivés.

Ce qui leur manque par contre, ce sont des fonds. Il nous est donc paru plus pertinent de tenter de trouver, avec eux des solutions pour devenir plus autonomes ( ex : vendre des créations de jeunes par exemple). Des causeries auxquelles nous participons activement sont organisées pour débattre de cette question.

Avec les responsables de l’AED, nous organisons un tournoi de foot entre certains daaras. Une des 6 équipes participantes (les inscriptions ne sont pas encore clôturées, les participants peuvent être plus nombreux) est constituée d’enfants venant étudier au centre, des enfants du quartier. Ce tournoi nous permet d’accélérer notre intégration à l’équipe du centre AED mais également au sein des daaras et bien sur avec les enfants talibés.

Nous avons l’impression que lorsque nous entrons dans un daara, une ambiance de suspicion mêlée d’un peu de désir de profit se construit. Dans un sens nous sommes susceptibles de les aider mais d’un autre côté, nous pourrions les critiquer voir les ennuyer en dénonçant certains abus. Les matchs de foot permettent de rencontrer les jeunes et les marabouts dans un cadre plus léger, dans une ambiance plus festive. Nous avons perçu, lors des matchs préliminaires et surtout après, l’impact positif de ces rencontres sportives sur notre intégration : les enfants nous saluant dans la rue, nous appelant par nos prénoms. Nous ne sommes plus, à leurs yeux "des toubabs , donne moi de l’argent". De plus, ces rencontres permettent de mélanger des enfants du quartier et des enfants talibés, comme pendant les activités à l’AED.

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Début des travaux du nouveau centre AED

Le nouveau centre se construit. Nous participons activement à son édification. La matinée (jusque 15h), 3jours par semaine, Nicolas participe aux travaux en tant que manœuvre. Nous participons et supervisons la construction et les différents achats effectués avec l’argent de l’asbl Action Sénégal pour les fondations , pour l’instant .

Nous participons également aux goûters organisés par le centre tous les vendredi après midi. Nous y préparons les baguettes, servons les talibés et animons leurs repas. Nous profitons de ce contact pour créer des liens, faire revenir les enfants, les connaître, ou simplement pour les amuser et nous amuser par la même occasion. Nous en profitons également pour leur rappeler l’importance de l’hygiène.

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Avant le goûter des talibes, on leur apprend à se laver les mains.

Nous participons aux rencontres, causeries et autres débats qui ont lieu entre les adolescentes lorsqu’elles cousent. Les adolescentes du quartier ont en effet la possibilité de venir au centre pour se rencontrer, discuter et apprendre la couture. Apres leur apprentissage manuel, des causeries sont organisées autour d’un thème (l’excision, la sexualité, le sida, l’importance de l’école,...).

Nous visitons les daaras. Cela dans le but de nous faire connaître puis accepter par les marabouts. Nous profitons de ces rencontres pour en apprendre un peu plus sur la vie des talibés et inviter certains (blessés, malades) à se présenter au centre en vue de se faire soigner. Ce sont, dans un sens, des visites sanitaires socialisantes.

Nous avons aussi comme projet de créer un « carnet » mettant en avant la vie au Sénégal. Nous avons déjà recueilli quelques témoignages lors de notre passage dans le Fouta. Nous aimerions avoir les commentaires des membres du centre mais aussi des enfants talibés par le biais de dessins ou de paroles. Cela se crée progressivement, il faut dans un premier temps apprendre à les connaître et par la suite il nous sera plus facile de le confectionner. Le but de cet ouvrage est de présenter la conception de la vie africaine par les africains tant dans le désert du sahel que dans une ville comme Saint Louis - Sor ( bidonvilles de St Louis )

Nous avons visité le poste de la croix rouge du quartier de Pikine, cela nous a permis de comprendre le fonctionnement de ce centre de santé. Par la même occasion, nous avons fait connaissance avec le secrétaire de l’ONG Médecin du Monde, qui nous a proposé de suivre le travail de cette ONG (principalement axé sur le sida) lors de la rentrée académique (à partir du 18 août).

Il est également prévu que nous descendions dans les rues de Saint-Louis à la rencontre des talibés en détresse. Cela pour leur faire connaître le centre et les aider du mieux que nous pouvons dans leur vie difficile d’enfant sans enfance.... SYLVIE

Photos sur les travaux de fondation du nouveau centre : Nicolas

Les autres photos : Marie-Pierre

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